agir à la source logo

Marchandisation de l’eau face au dérèglement climatique : une marche forcée inéluctable ?

11 octobre 2022

De fait l’eau est déjà un bien marchand pour l’immense majorité d’entre nous : ouvrir un robinet ou acheter une bouteille d’eau minérale n’est pas gratuit et à l’exception des populations vivant en autarcie ou non raccordées à un réseau de distribution, l’accès à l’eau se monnaye depuis de nombreuses années.

Mais à l’heure ou le dérèglement climatique s’accélère avec les récentes périodes de sécheresses extrêmes des régions européennes qui s’enchainent avec les inondations catastrophiques au Pakistan, très peu de régions du monde échappent aujourd’hui  aux enjeux de l’eau, son accès, sa distribution et à fortiori son coût.

Plus qu’une marchandisation, nous sommes face au phénomène grandissant de la libéralisation du marché de l’eau,  la considérant plus comme bien économique qu’un droit humain fondamental tel que l’a défini en 2010 la résolution des Nations Unies (une eau accessible et d’un prix raisonnable). Initié à Londres par Margaret Thatcher il y a une trentaine d’années, le phénomène a pris une ampleur dramatique en Australie, en Océanie et en Californie... et qu’en sera-t-il bientôt dans le reste du monde.

Or l’eau est par nature un bien inépuisable : elle est une molécule stable, elle s’évapore et retombe au sol, elle ne se perd pas, la quantité d’eau sur terre est la même depuis des millénaires. En revanche, sa répartition et sa potabilité peuvent être affectés par un grand nombre de phénomène allant de l’accélération du dérèglement climatique à sa dénaturation par les mauvaises pratiques de l’homme en termes d’industrie, d’agriculture ou tout simplement d’absence de sens civique et du collectif. Et c’est bien le cœur du problème.

Le dérèglement climatique corrélé au développement économique et à la croissance industrielle, la déforestation, la mauvaise gestion des déchets, notre régime alimentaire, l’augmentation démographique et surtout la différence de modes de vie d’une population à une autre sont autant de bras de leviers qui nourrissent la pression des marchés vers ce phénomène libéral  identifié dès 1992. Comment considérer la valeur d’un litre d’eau quand un américain en consomme 400l/jour, un français 135l et un nigérien 30l ? Comment faire valoir sa rareté aux populations occidentales qui la gaspille par ignorance face à celles, défavorisées qui la considère comme un bien commun rare ?

Alors, peut-on échapper à la politique libérale de privatisation de l’eau face à la gestion publique des états ?

Le XXème siècle était celui de l’or noir, le XXI siècle sera celui de l’or bleu

Pour en savoir plus :

https://blog.mondediplo.net/2007-04-07-Marchandisation-de-l-eau-la-nouvelle-offensive-du

https://www.cairn.info/l-economie-des-conventions-methodes-et-resultats-2--9782707148780-page-369.htm

https://atalayar.com/fr/content/leau-une-marchandise-ou-un-droit-de-lhomme

Voir tous les articles
Agissez
chevron-down